Publié le 15 juillet 2026
Les droits de succession 2026 se calculent en trois étapes : on détermine la part de chaque héritier, on déduit son abattement personnel (100 000€ pour un enfant, 15 932€ pour un frère ou une sœur, 7 967€ pour un neveu), puis on applique le barème lié au lien de parenté : de 5 à 45% en ligne directe, 35 à 45% entre frères et sœurs, 55% jusqu'au 4e degré et 60% au-delà. Le conjoint et le partenaire de PACS ne paient rien.
Les abattements 2026 par lien de parenté
L'abattement est la fraction de la part d'héritage qui échappe totalement à l'impôt. Les montants sont fixés par l'article 779 du CGI et détaillés sur service-public.gouv.fr :
| Héritier | Abattement |
|---|---|
| Conjoint marié ou partenaire de PACS | Exonération totale |
| Enfant (et parent en ligne ascendante) | 100 000€ |
| Petit-enfant (sans représentation) | 1 594€ |
| Frère ou sœur | 15 932€ |
| Neveu ou nièce | 7 967€ |
| Autre héritier ou légataire | 1 594€ |
| Héritier handicapé | + 159 325€ (cumulable) |
Deux points méritent attention. D'abord, l'abattement de 100 000€ s'entend par parent : un enfant peut donc recevoir 100 000€ de chacun de ses deux parents en franchise de droits. Ensuite, le petit-enfant qui hérite par représentation d'un parent prédécédé se partage l'abattement de 100 000€ de ce parent, alors qu'en direct il n'a droit qu'à 1 594€.
Le barème 2026 en ligne directe (enfants, parents)
Une fois l'abattement déduit, la part taxable subit le barème progressif suivant (service-public.gouv.fr) :
| Part taxable après abattement | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072€ | 5% |
| De 8 073€ à 12 109€ | 10% |
| De 12 110€ à 15 932€ | 15% |
| De 15 933€ à 552 324€ | 20% |
| De 552 325€ à 902 838€ | 30% |
| De 902 839€ à 1 805 677€ | 40% |
| Au-delà de 1 805 677€ | 45% |
La tranche à 20% est extrêmement large : c'est elle qui concentre l'essentiel des droits payés par les héritiers en ligne directe.
Les taux hors ligne directe
- Frères et sœurs : 35% jusqu'à 24 430€ de part taxable, 45% au-delà.
- Parents jusqu'au 4e degré (neveux, nièces, oncles, tantes, cousins germains) : taux unique de 55%.
- Parents au-delà du 4e degré et personnes non parentes : taux unique de 60%. C'est le cas du concubin non pacsé, ce qui rend le PACS ou le mariage décisif pour protéger son partenaire, comme l'explique notre guide pour protéger son conjoint.
Exemple 1 : 400 000€ transmis à un enfant unique
Un parent décède en laissant 400 000€ à son fils unique :
- Part reçue : 400 000€
- Abattement : 100 000€, part taxable : 300 000€
- Calcul par tranches : 5% x 8 072€ = 404€ ; 10% x 4 037€ = 404€ ; 15% x 3 823€ = 573€ ; 20% x 284 068€ = 56 814€
- Droits dus : environ 58 194€, soit 14,5% du montant transmis
Exemple 2 : 1 000 000€ transmis à 2 enfants
Chaque enfant reçoit 500 000€ :
- Abattement : 100 000€, part taxable : 400 000€ par enfant
- Tranches : 404€ + 404€ + 573€ + 20% x 384 068€ = 76 814€
- Droits : environ 78 194€ par enfant, soit 156 400€ au total (15,6% du patrimoine)
Ce même patrimoine, anticipé avec des donations et de l'assurance-vie, peut coûter 99 000€ au lieu de 156 400€ : le détail chiffré figure dans notre article sur l'audit succession.
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Ce qui échappe aux droits de succession
Trois grandes catégories réduisent la facture sans même toucher au barème :
- L'assurance-vie alimentée avant 70 ans : chaque bénéficiaire dispose d'un abattement de 152 500€, puis un prélèvement de 20% s'applique jusqu'à 852 500€ transmis (article 990 I du CGI). Ces capitaux sont traités hors succession ; notre article assurance-vie et succession détaille les calculs, y compris après 70 ans.
- Les donations de plus de 15 ans : les abattements consommés se reconstituent tous les 15 ans. Donner tôt et régulièrement est le levier le plus puissant, voir notre guide de la donation de son vivant.
- Les exonérations spécifiques : transmission d'entreprise sous pacte Dutreil (75% d'exonération), bois et forêts, monuments historiques, victime de guerre ou d'acte de terrorisme.
À noter également : le PER non liquidé au décès suit un régime proche de l'assurance-vie, décrit dans notre article sur le PER en cas de décès.
Déclaration et paiement : les délais à respecter
La déclaration de succession doit être déposée dans les 6 mois du décès survenu en France (12 mois pour un décès à l'étranger), accompagnée du paiement des droits (impots.gouv.fr). Au-delà, un intérêt de retard de 0,20% par mois s'applique, plus une majoration de 10% à partir du 1er jour du 13e mois suivant le décès (soit 6 mois après l'échéance de dépôt).
Vous êtes dispensé de déclaration si l'actif brut est inférieur à 50 000€ pour une transmission aux héritiers en ligne directe ou au conjoint (à condition de ne pas avoir reçu de donation non déclarée du défunt), ou inférieur à 3 000€ pour les autres héritiers. Les émoluments du notaire et le déroulement pratique sont détaillés dans notre article sur les frais de notaire en succession.
Payer les droits quand la succession manque de liquidités
Quand le patrimoine est essentiellement immobilier, les héritiers peuvent demander au fisc un paiement fractionné (versements échelonnés sur 1 à 3 ans) ou différé lorsque la succession comporte des biens reçus en nue-propriété, moyennant intérêts et garanties. La demande se formule dans la déclaration de succession, avec l'aide du notaire. C'est une bouée de secours, pas une stratégie : mieux vaut prévoir en amont les liquidités nécessaires, par exemple via une assurance-vie dédiée au paiement des droits.
Qui hérite, et de combien ?
Le calcul des droits suppose de connaître la part de chacun. Sans testament, c'est la loi qui répartit selon l'ordre des héritiers et la réserve héréditaire : notre article succession sans testament explique les règles. Avec un testament, vous pouvez avantager qui vous voulez dans la limite de la quotité disponible : voir comment faire un testament.
Comment réduire la facture : les trois leviers
- Donner tous les 15 ans : 100 000€ par parent et par enfant, plus 31 865€ de don familial de sommes d'argent avant 80 ans. Un couple avec 2 enfants transmet 400 000€ sans droits à chaque cycle.
- Saturer l'assurance-vie avant 70 ans : 152 500€ par bénéficiaire hors succession, avec une clause bénéficiaire bien rédigée.
- Démembrer : donner la nue-propriété en conservant l'usufruit ne taxe qu'une fraction de la valeur selon votre âge, et la pleine propriété se reconstitue sans droits au décès. Le mécanisme est chiffré dans notre article sur le démembrement et la transmission.
Ces stratégies engagent des montants importants et des choix irrévocables : faites systématiquement valider votre plan de transmission par un notaire ou un professionnel du patrimoine avant de signer.
Ce qu'il faut retenir
En 2026, les droits de succession restent lourds dès que le patrimoine dépasse les abattements : 100 000€ par enfant, puis un barème dont la tranche à 20% absorbe l'essentiel des successions en ligne directe, et des taux de 35 à 60% pour les autres héritiers. Seuls le conjoint et le partenaire de PACS sont exonérés. La facture n'est pourtant pas une fatalité : donations échelonnées, assurance-vie avant 70 ans et démembrement se cumulent pour la réduire fortement. Retrouvez tous les leviers sur notre page dédiée à la succession.