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Succession Entre Époux : Droits du Conjoint Survivant 2026

Succession entre époux : options de l'article 757 (usufruit total ou 1/4), exonération totale de droits, donation au dernier vivant, régimes matrimoniaux.

Publié le 2 août 2026

Dans une succession entre époux, le conjoint survivant ne paie aucun droit de succession (loi TEPA de 2007). Sans testament et en présence d'enfants tous communs, l'article 757 du Code civil lui donne le choix entre l'usufruit de la totalité des biens et le quart en pleine propriété. La donation au dernier vivant, le régime matrimonial et l'assurance-vie permettent d'aller bien au-delà de cette protection légale de base.

Zéro droits de succession pour le conjoint

Commençons par la bonne nouvelle fiscale : l'époux survivant est totalement exonéré de droits de succession depuis la loi TEPA de 2007, sans plafond (service-public.gouv.fr). Le partenaire de PACS profite de la même exonération, mais il n'hérite pas automatiquement : sans testament, il ne reçoit rien. Le concubin cumule les deux handicaps : aucune vocation successorale et une taxation à 60% après un abattement de 1 594€ s'il reçoit par testament.

La question de la succession entre époux n'est donc presque jamais fiscale : elle porte sur la part que reçoit le survivant, et sur la forme de cette part (pleine propriété ou usufruit).

Ce que la loi donne au conjoint sans testament

Sans disposition particulière, l'article 757 du Code civil et les textes voisins fixent la part du survivant selon la configuration familiale :

Situation du défunt Part du conjoint survivant
Enfants tous communs au couple Au choix : usufruit de la totalité OU 1/4 en pleine propriété
Au moins un enfant d'une autre union 1/4 en pleine propriété (pas d'option usufruit)
Ni enfant ni petit-enfant, père et mère vivants 1/2 en pleine propriété (1/4 à chaque parent)
Ni descendant, un seul parent vivant 3/4 en pleine propriété
Ni descendant ni père ni mère Totalité de la succession

Deux précisions utiles. D'abord, l'option de l'article 757 n'est enfermée dans aucun délai spontané, mais tout héritier peut inviter le conjoint à choisir par écrit : sans réponse dans les 3 mois, il est réputé avoir opté pour l'usufruit. Ensuite, la restriction au quart en pleine propriété en présence d'enfants d'un premier lit vise à éviter que l'usufruit du survivant ne prive durablement ces enfants de tout. L'ordre complet des héritiers est détaillé dans notre article succession sans testament.

Usufruit total ou quart en pleine propriété ?

Le choix se raisonne au cas par cas :

  • L'usufruit de la totalité protège le cadre de vie : le survivant continue d'occuper les biens et de percevoir les revenus (loyers, intérêts). Au second décès, les enfants récupèrent la pleine propriété sans droits supplémentaires. C'est l'option de la stabilité, surtout à un âge avancé.
  • Le quart en pleine propriété donne une part dont le survivant dispose librement : il peut vendre, donner, consommer. C'est l'option de l'autonomie, pertinente pour un conjoint jeune (un usufruit de plusieurs décennies est pesant pour les enfants) ou en cas de relations tendues avec eux.

La mécanique de valorisation de l'usufruit selon l'âge (barème de l'article 669 du CGI) et ses effets à la transmission sont chiffrés dans notre article sur le démembrement et la transmission.

Les droits au logement du survivant

Indépendamment de sa part successorale, le conjoint bénéficie de deux protections sur la résidence principale :

Droit Contenu
Droit temporaire au logement Jouissance gratuite du logement et de son mobilier pendant 1 an après le décès, automatique et d'ordre public
Droit viager au logement Droit d'habitation et d'usage du mobilier jusqu'à son propre décès, à demander dans l'année ; sa valeur s'impute sur sa part successorale

Ces droits jouent un rôle décisif quand le logement représente l'essentiel du patrimoine : ils évitent au survivant d'être contraint de vendre pour désintéresser les autres héritiers.

Le régime matrimonial passe avant la succession

Réflexe essentiel : au décès, on liquide d'abord le régime matrimonial, et seule la part du défunt entre dans la succession. Le choix du contrat de mariage est donc le premier outil de protection du conjoint :

Régime Effet au premier décès
Communauté réduite aux acquêts (régime légal) Le survivant conserve la moitié des biens communs ; la succession porte sur l'autre moitié et les biens propres du défunt
Communauté universelle avec attribution intégrale La totalité des biens communs revient au survivant, hors succession et sans droits
Participation aux acquêts Séparation pendant le mariage, créance de participation sur l'enrichissement à la dissolution
Séparation de biens Chacun reste propriétaire de ses biens ; la succession porte sur tout le patrimoine du défunt

La communauté universelle avec clause d'attribution intégrale est la protection maximale, mais elle a un coût caché : les enfants n'héritent qu'au second décès et perdent une génération d'abattements de 100 000€ ; les enfants d'une première union peuvent en outre exercer l'action en retranchement. L'analyse complète figure dans notre guide régime matrimonial et patrimoine.

La donation au dernier vivant : l'option la plus souple

La donation entre époux, dite au dernier vivant (article 1094-1 du Code civil), s'établit chez le notaire pour un émolument de 135,84€ TTC (service-public.gouv.fr). En présence d'enfants, elle porte la part possible du survivant à l'une des trois quotités suivantes, à choisir au décès :

Option Ce que reçoit le conjoint
Quotité disponible ordinaire 1/2 en pleine propriété avec 1 enfant, 1/3 avec 2, 1/4 avec 3 et plus
Quotité mixte 1/4 en pleine propriété + 3/4 en usufruit
Usufruit universel 100% en usufruit, y compris avec des enfants d'une autre union

Ses deux atouts majeurs : elle rouvre l'option usufruit dans les familles recomposées, et elle autorise le cantonnement, c'est-à-dire la faculté pour le survivant de ne prendre qu'une partie de ce qui lui est destiné, le reste allant immédiatement aux enfants sans être une donation taxable. Elle est révocable à tout moment et annulée automatiquement en cas de divorce, sauf volonté contraire. Un testament peut produire des effets voisins, avec d'autres usages : voir comment faire un testament.

Part légale, donation au dernier vivant, contrat de mariage, clause bénéficiaire : la protection du conjoint se construit en combinant plusieurs outils. Faites le point sur votre situation et celle de votre conjoint avec un conseiller : faites votre bilan transmission gratuit →

L'assurance-vie, le complément hors succession

L'assurance-vie complète utilement le dispositif : les capitaux versés au conjoint bénéficiaire sont hors succession et totalement exonérés (loi TEPA, là encore), quel que soit l'âge des versements. Elle sert surtout à donner au survivant des liquidités immédiates, sans attendre le règlement de la succession, et à équilibrer la transmission dans les familles recomposées. Attention à la rédaction de la clause bénéficiaire : une clause obsolète (ex-conjoint nommément désigné) prime sur le testament. Les règles fiscales complètes sont dans notre article assurance-vie et succession.

Construire la protection en trois niveaux

En pratique, la protection du conjoint s'organise ainsi :

  1. Niveau 1, la loi : options de l'article 757, droits au logement, exonération de droits. Suffisant pour les situations simples avec enfants communs et patrimoine équilibré.
  2. Niveau 2, les actes : donation au dernier vivant pour élargir les quotités et permettre le cantonnement, testament pour organiser les attributions, aménagement du régime matrimonial (clause de préciput, attribution intégrale).
  3. Niveau 3, les outils patrimoniaux : assurance-vie pour les liquidités, démembrement croisé pour les couples non mariés, prévoyance décès.

Chaque étage a des effets de bord sur les enfants (report de leur héritage, perte d'abattements, action en retranchement) : l'équilibre entre protection du survivant et transmission aux enfants mérite une analyse d'ensemble, comme le détaille notre guide pour protéger son conjoint.

Ce qu'il faut retenir

La succession entre époux bénéficie d'un cadre très favorable : exonération totale de droits, choix entre usufruit de la totalité et quart en pleine propriété avec des enfants communs, droits au logement automatiques. Mais la loi seule protège imparfaitement le survivant dès que la famille est recomposée, que le patrimoine est déséquilibré ou que le logement pèse lourd. Donation au dernier vivant (135,84€ TTC), régime matrimonial adapté et assurance-vie permettent de calibrer précisément la part et la forme de ce que recevra votre conjoint. Retrouvez tous les leviers sur notre page dédiée à la succession.


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FAQ

Questions fréquentes

Trouvez rapidement les réponses à vos questions

Si tous les enfants sont communs au couple, le conjoint choisit entre l'usufruit de la totalité des biens ou le quart en pleine propriété (article 757 du Code civil). Si le défunt laisse un enfant d'une autre union, le conjoint reçoit obligatoirement le quart en pleine propriété, sans option usufruit.
Non. Depuis la loi TEPA de 2007, l'époux survivant est totalement exonéré de droits de succession, sans plafond ni condition de montant. Le partenaire de PACS bénéficie de la même exonération, à condition d'avoir rédigé un testament pour hériter. Le concubin, lui, est taxé à 60%.
Elle élargit les parts possibles : quotité disponible ordinaire en pleine propriété, 1/4 en pleine propriété plus 3/4 en usufruit, ou totalité en usufruit même avec des enfants d'une autre union. Elle permet aussi le cantonnement : le survivant ne garde que ce dont il a besoin. Coût notarié : 135,84€ TTC.
L'usufruit total garantit le cadre de vie (logement, revenus des capitaux) et la pleine propriété se reconstitue sans droits chez les enfants au second décès. Le quart en pleine propriété donne une part librement transmissible et cessible, utile si le survivant est jeune ou en cas de mésentente avec les enfants.
Oui, et fortement : avant tout partage successoral, la communauté est liquidée. En communauté légale, le survivant conserve la moitié des biens communs en pleine propriété ; la succession ne porte que sur l'autre moitié et les biens propres du défunt. En communauté universelle avec attribution intégrale, il reçoit tout.

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