Préparer et optimiser sa retraite

Complément Retraite : 4 Solutions Comparées en 2026

Complément retraite : PER, assurance-vie, SCPI et LMNP comparés. Quel capital pour 500€ par mois et comment combiner selon votre TMI.

Publié le 15 juillet 2026

Comment se constituer un complément retraite ? Quatre solutions dominent : le PER pour épargner en déduisant ses versements des impôts, l'assurance-vie pour garder l'épargne disponible, les SCPI pour des revenus immobiliers sans gestion et le LMNP pour des loyers faiblement imposés. Pour 500€ par mois de complément, comptez un capital de l'ordre de 120 000 à 150 000€, à construire en combinant 2 ou 3 de ces enveloppes selon votre TMI et votre horizon.

Pourquoi un complément est presque toujours nécessaire

La pension moyenne tous régimes s'établit à 1 666€ brut par mois fin 2023 selon la DREES, et le taux de remplacement se situe entre 50 et 75% du dernier revenu selon le statut et le niveau de salaire. Concrètement, un cadre à 4 000€ nets peut voir ses revenus tomber autour de 2 200€ à la retraite. Avant de choisir un placement, chiffrez votre besoin réel : notre méthode complète est détaillée dans combien épargner pour la retraite, et votre pension s'estime précisément sur info-retraite.fr.

Le montant du complément dépend aussi de votre pension de base, dont les règles de calcul (25 meilleures années, trimestres, décote) sont expliquées dans notre guide du calcul de la pension.

Solution 1 : le PER, le complément défiscalisé

Le Plan d'Épargne Retraite est l'enveloppe conçue pour cet objectif. Son atout unique : les versements se déduisent du revenu imposable, dans la limite d'environ 10% des revenus professionnels. En TMI 30%, verser 10 000€ rend 3 000€ d'impôt ; en TMI 41%, 4 100€. C'est un accélérateur de capital sans équivalent, détaillé dans notre article sur le plafond de déduction PER.

À la retraite, vous sortez en capital (en une fois ou fractionné), en rente viagère, ou en mélange des deux. La fiscalité de sortie est spécifique : notre guide de la sortie du PER en capital la décortique, et celui de la rente viagère du PER compare les deux options.

  • Points forts : déduction fiscale immédiate, épargne sanctuarisée pour la retraite, gestion pilotée par défaut.
  • Points faibles : capital bloqué jusqu'à la retraite (hors accidents de la vie et achat de la résidence principale), fiscalité à la sortie sur les sommes déduites.
  • Pour qui : les actifs à TMI 30% et plus, salariés comme indépendants.

Solution 2 : l'assurance-vie, le complément flexible

L'assurance-vie n'a pas d'avantage fiscal à l'entrée, mais elle offre ce que le PER n'a pas : la disponibilité permanente. Après 8 ans de détention, les retraits bénéficient d'un abattement annuel de 4 600€ d'intérêts pour une personne seule (9 200€ pour un couple), ce qui permet de programmer des retraits mensuels très peu fiscalisés, comme l'explique notre article sur la fiscalité de l'assurance-vie après 8 ans.

À la retraite, la mécanique des retraits d'assurance-vie en fait un excellent robinet à revenus : vous ajustez le montant chaque mois, sans engagement. Et en cas de décès, le capital se transmet hors succession dans des conditions avantageuses.

  • Points forts : disponibilité totale, fiscalité douce après 8 ans, transmission optimisée.
  • Points faibles : pas de déduction à l'entrée, discipline d'épargne à maintenir soi-même.
  • Pour qui : tout le monde, et en priorité les TMI 0 à 11% pour qui la déduction PER rapporte peu. Le match complet est arbitré dans PER ou assurance-vie.

Solution 3 : les SCPI, le complément immobilier sans gestion

Les SCPI transforment un capital en revenus locatifs potentiels sans aucune gestion : la société de gestion achète et gère des dizaines d'immeubles, vous percevez les distributions, généralement chaque trimestre ou chaque mois. Le taux de distribution moyen du marché a atteint 4,91% en 2025, et les meilleures SCPI dépassent 7%, comme le détaille notre guide SCPI et retraite.

Ordre de grandeur : générer 500€ par mois avec des SCPI demande environ 120 000 à 125 000€ investis à 4,9% (hypothèse de distribution constante, non garantie). Les revenus de SCPI françaises sont imposés comme des revenus fonciers (TMI + 17,2% de prélèvements sociaux) ; les SCPI européennes allègent la note pour les TMI élevées.

  • Points forts : revenus réguliers immédiats, mutualisation du risque, accessible dès quelques milliers d'euros, finançable à crédit.
  • Points faibles : capital et revenus non garantis, fiscalité foncière pour les SCPI françaises, liquidité en semaines ou mois.
  • Pour qui : la phase de transformation du capital en revenus, à l'approche ou au moment de la retraite.

Solution 4 : le LMNP, le complément locatif faiblement imposé

Le LMNP (location meublée non professionnelle) consiste à acheter un bien, le meubler et le louer. Au régime réel, l'amortissement du bien et du mobilier ramène très souvent l'impôt sur les loyers proche de zéro pendant des années : un vrai complément de revenu net. Acheté à crédit vers 45-50 ans, le bien est remboursé au moment du départ et les loyers tombent en complément de pension.

C'est en revanche la solution la plus exigeante : gestion locative, comptabilité, risque concentré sur un bien. Le comparatif LMNP ou SCPI aide à trancher entre immobilier actif et immobilier passif.

  • Points forts : loyers faiblement imposés, effet de levier du crédit maximal.
  • Points faibles : gestion active, ticket d'entrée élevé, liquidité faible.
  • Pour qui : les profils à l'aise avec l'immobilier, à 10-20 ans de la retraite.

Pour chiffrer votre complément de revenu et l'économie d'impôt associée selon votre situation : utilisez notre simulateur retraite gratuit →

Exemple de plan complet : 800€ par mois à construire en 18 ans

Cas type : couple de 46 ans, TMI 30%, objectif de 800€ par mois de complément à 64 ans, soit environ 240 000€ de capital cible (règle des 300 fois l'écart mensuel, hypothèse de retrait à 4%).

  1. PER : 400€ par mois versés, soit un effort réel de 280€ après économie d'impôt à 30%. À 4,5% par an (hypothèse non garantie), environ 135 000€ à l'échéance.
  2. SCPI à crédit : 50 000€ de parts financées sur 15 ans ; le crédit est soldé 3 ans avant le départ et les distributions (hypothèse 4,9%) prennent le relais, environ 200€ par mois.
  3. Assurance-vie : 150€ par mois en versements programmés, poche de sécurité disponible à tout moment, environ 50 000€ à l'échéance.

Total projeté : environ 185 000€ de capital financier plus 50 000€ de SCPI distribuant, de quoi couvrir l'objectif avec une marge, tout en gardant trois robinets fiscaux différents à la retraite. Ce plan est illustratif : les rendements sont des hypothèses et la répartition doit être calibrée sur votre situation réelle.

Comment combiner : trois profils types

Profil Combinaison indicative
30-40 ans, TMI 11% Assurance-vie en versements programmés, PER en appoint
40-50 ans, TMI 30-41% PER en priorité (déduction), SCPI ou LMNP à crédit en parallèle
55 ans et plus Sécurisation progressive, SCPI pour amorcer les revenus, derniers versements PER

Ces combinaisons sont des points de départ, pas des recommandations personnalisées : l'allocation dépend de votre patrimoine global, de votre TMI et de votre âge de départ visé, dont les règles sont rappelées dans à quel âge partir à la retraite. Les indépendants, dont les pensions sont structurellement plus faibles, ont des leviers spécifiques présentés dans notre article sur la retraite des indépendants.

Ce qu'il faut retenir

Un complément de revenu retraite se construit avec 2 ou 3 briques complémentaires : le PER pour transformer votre impôt en épargne, l'assurance-vie pour la souplesse, les SCPI ou le LMNP pour des revenus immobiliers réguliers. Comptez environ 300 fois l'écart mensuel à combler en capital cible, commencez le plus tôt possible et faites valider la répartition par un conseiller en gestion de patrimoine. Notre page retraite résume les solutions par horizon.


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FAQ

Questions fréquentes

Trouvez rapidement les réponses à vos questions

Il n'existe pas de meilleur placement universel : le PER maximise l'avantage fiscal à l'entrée (idéal à TMI 30% et plus), l'assurance-vie garde l'épargne disponible avec une fiscalité douce après 8 ans, les SCPI versent des revenus immobiliers réguliers sans gestion et le LMNP produit des loyers faiblement imposés. Le bon choix dépend de votre TMI, de votre horizon et de votre besoin de disponibilité.
Environ 240 000 à 300 000€ selon le rendement distribué retenu : 12 000€ par an demandent 300 000€ à 4% et environ 245 000€ à 4,9%, le taux de distribution moyen des SCPI en 2025. Ces chiffres sont des hypothèses de travail, les rendements n'étant pas garantis.
Le PER l'emporte pendant la vie active si votre TMI est de 30% ou plus, grâce à la déduction des versements ; en contrepartie, l'épargne est bloquée jusqu'à la retraite hors cas de déblocage anticipé. L'assurance-vie reste disponible à tout moment et sa fiscalité s'allège après 8 ans. La combinaison des deux est souvent la stratégie la plus robuste.
Oui, c'est un de leurs cas d'usage principaux : elles versent des revenus potentiels réguliers (taux de distribution moyen de 4,91% en 2025) sans aucune gestion, dès quelques milliers d'euros. En contrepartie, le capital n'est pas garanti et les revenus de SCPI françaises sont imposés comme des revenus fonciers, à la TMI plus 17,2% de prélèvements sociaux.
La rente viagère garantit un revenu à vie mais le capital est aliéné : il ne revient pas aux héritiers. Les retraits programmés (assurance-vie, PER en capital fractionné) préservent le capital restant mais peuvent s'épuiser. La rente sécurise, les retraits gardent la main : le choix dépend de votre patrimoine global et de vos objectifs de transmission.

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