Publié le 15 juillet 2026
À quel âge partir à la retraite ? Avec la suspension de la réforme des retraites de 2023, l'âge légal est gelé à 62 ans et 9 mois pour les pensions prenant effet entre le 1er septembre 2026 et janvier 2028. Le taux plein automatique reste à 67 ans, les carrières longues permettent de partir dès 58 à 63 ans, et chaque trimestre travaillé au-delà du compte ajoute 1,25% de surcote. Le bon âge de départ est donc un calcul, pas une date unique.
Âge légal, taux plein, taux plein automatique : trois notions à distinguer
- L'âge légal : l'âge minimal auquel vous avez le droit de liquider votre retraite (hors départs anticipés).
- Le taux plein : le taux maximal de 50% pour la pension de base, obtenu si vous avez validé la durée d'assurance requise pour votre génération.
- Le taux plein automatique à 67 ans : à cet âge, la décote disparaît quel que soit votre nombre de trimestres (la proratisation, elle, subsiste).
Partir à l'âge légal sans la durée requise déclenche une décote ; partir plus tard avec tous ses trimestres déclenche une surcote. Ces mécanismes sont détaillés dans notre guide du calcul de la pension de retraite.
Ce qui change avec la suspension de la réforme (LFSS 2026)
La réforme de 2023 prévoyait un relèvement progressif de l'âge légal de 62 à 64 ans, à raison de 3 mois par génération, avec 64 ans pour les assurés nés à partir de 1968, et une durée d'assurance portée à 172 trimestres (43 ans). La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu ce calendrier, comme le précise service-public.gouv.fr :
- l'âge légal est gelé à 62 ans et 9 mois pour les pensions prenant effet entre le 1er septembre 2026 et janvier 2028 ;
- la durée d'assurance requise est gelée en parallèle : par exemple 170 trimestres pour la génération 1964, au lieu des 171 prévus par la réforme ;
- concrètement, les assurés nés en 1964 et au premier trimestre 1965 partent à 62 ans et 9 mois, et ceux nés entre avril et décembre 1965 à 63 ans, soit un trimestre plus tôt que prévu ;
- environ 2,2 millions d'assurés nés entre 1964 et 1968 voient leurs règles améliorées ; environ 1,2 million partent réellement plus tôt, de 3 mois en moyenne.
Le calendrier de la réforme doit reprendre en 2028 ; d'ici là, la cible des 64 ans et des 172 trimestres reste inscrite dans la loi pour les générations suivantes, sous réserve de nouvelles décisions politiques. Prudence donc : toute stratégie calée au trimestre près (notamment un rachat de trimestres) doit être vérifiée auprès de votre caisse avec les paramètres en vigueur au moment de votre départ.
Partir plus tôt : les départs anticipés
Carrières longues
Le dispositif principal, décrit par service-public.fr, ouvre un départ anticipé selon l'âge de début d'activité, sous double condition : des trimestres en début de carrière (5 trimestres avant l'âge pivot, ou 4 pour les personnes nées en fin d'année) et une durée totale cotisée :
| Début d'activité | Départ possible à partir de |
|---|---|
| Avant 16 ans | 58 ans |
| Avant 18 ans | 60 ans |
| Avant 20 ans | 60 à 62 ans selon la génération |
| Avant 21 ans | 63 ans |
La durée cotisée exigée atteint 172 trimestres à partir de la génération 1966, et le calendrier est ajusté pour les liquidations à compter du 1er septembre 2026 dans le cadre de la suspension. Un point précis avec l'Assurance retraite s'impose, la demande devant être déposée environ 6 mois avant la date visée.
Autres dispositifs
Handicap (départ possible dès 55 ans sous conditions), incapacité permanente d'origine professionnelle et inaptitude au travail (taux plein à l'âge légal quel que soit le nombre de trimestres) complètent le paysage. Chaque dispositif a ses conditions propres, à vérifier sur info-retraite.fr.
Partir plus tard : la surcote, levier sous-estimé
Si vous poursuivez votre activité au-delà de l'âge légal en ayant déjà validé tous vos trimestres, chaque trimestre supplémentaire cotisé majore votre pension de base de 1,25%, sans plafond : +5% par année complète, à vie, en plus des points AGIRC-ARRCO acquis pendant la prolongation. Sur une pension de base de 1 400€, deux années de surcote représentent environ 140€ brut de plus par mois.
Travailler plus longtemps cumule en réalité trois effets : la surcote, des années d'épargne supplémentaires et des années de retraite en moins à financer. À l'échelle d'un plan retraite complet, décaler son départ de 12 à 24 mois est souvent le levier le plus puissant, devant le choix des placements.
Transitions en douceur : retraite progressive et cumul emploi-retraite
Entre le tout-travail et le tout-retraite, deux dispositifs assouplissent la frontière :
- La retraite progressive permet, sous conditions d'âge et de trimestres, de passer à temps partiel en percevant une fraction de sa retraite, tout en continuant à cotiser sur l'activité restante. C'est un outil efficace pour lisser la baisse de revenus et prolonger l'acquisition de droits sans s'épuiser.
- Le cumul emploi-retraite autorise, après liquidation, la reprise d'une activité professionnelle. Depuis la réforme de 2023, le cumul intégral peut même générer de nouveaux droits à retraite sous conditions. Pour un jeune retraité dont la pension s'avère trop juste, c'est la soupape la plus utilisée.
Ces dispositifs ont des conditions précises (âge minimal, taux plein ou non, plafonds) : vérifiez votre éligibilité sur info-retraite.fr ou auprès de votre caisse avant de bâtir un plan dessus.
Le bon âge de départ est un arbitrage financier et personnel
La vraie question n'est pas seulement "à quel âge ai-je le droit de partir", mais "à quel âge mes revenus seront-ils suffisants". La méthode :
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Simulez votre pension à plusieurs âges de départ sur info-retraite.fr : l'écart entre un départ à l'âge légal avec décote et un départ au taux plein est souvent de 15 à 25% de pension.
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Chiffrez votre besoin de revenu à la retraite et l'écart à combler : notre méthode complète figure dans combien épargner pour la retraite. Ajoutez à cela les paramètres personnels que la formule ignore : la santé, la pénibilité du poste, les projets, le conjoint. Deux personnes avec le même relevé de carrière peuvent avoir des âges de départ optimaux très différents, parce que l'une valorise le temps et l'autre le revenu. L'analyse financière sert justement à rendre ce choix conscient plutôt que subi.
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Construisez le complément qui rend le choix possible : un capital suffisant peut financer un départ à l'âge légal malgré une pension réduite, via les solutions comparées dans complément de revenu retraite. Le PER a ici un double rôle : il défiscalise pendant la carrière et se débloque justement à la retraite. Après 50 ans, il reste pertinent, comme le montre notre article PER à 50 ans.
Pour simuler le capital qui rendrait possible votre départ à l'âge que vous visez : utilisez notre simulateur retraite gratuit →
Ce qu'il faut retenir
En 2026, trois repères : âge légal gelé à 62 ans et 9 mois (jusqu'à janvier 2028), taux plein automatique à 67 ans, carrières longues dès 58 à 63 ans. La cible de 64 ans et 172 trimestres reste au programme pour les générations suivantes, sous réserve des décisions à venir. Plutôt que de subir la date, calculez-la : simulez plusieurs âges de départ, mesurez la décote ou la surcote, et bâtissez le complément d'épargne qui vous rend libre du calendrier. Notre page retraite présente les solutions par horizon de départ.