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Retraite Fonctionnaire 2026 : Calcul, Âge de Départ et RAFP

Retraite fonctionnaire : 75% du traitement indiciaire des 6 derniers mois hors primes, RAFP sur les primes, catégories active et sédentaire. Guide 2026.

Publié le 4 août 2026

La retraite d'un fonctionnaire se calcule sur le traitement indiciaire brut des 6 derniers mois, multiplié par 75% pour une carrière complète, puis proratisé selon les trimestres acquis. Les primes en sont exclues : elles ne comptent que dans le RAFP, un régime additionnel par points plafonné à 20% du traitement. C'est cette exclusion, plus que le taux affiché, qui creuse l'écart entre le dernier salaire et la pension.

La formule de la pension civile

Contrairement au privé, où la pension repose sur le salaire annuel moyen des 25 meilleures années, la fonction publique retient une base beaucoup plus courte : les 6 derniers mois d'activité. Le Service des retraites de l'État résume la formule ainsi.

Élément Contenu
Assiette Traitement indiciaire brut des 6 derniers mois (indice détenu depuis au moins 6 mois)
Taux maximum 75% pour une carrière complète, hors bonifications
Proratisation Trimestres liquidés / trimestres requis pour votre génération
Ajustements Décote, surcote, bonifications, majoration pour enfants, minimum garanti

Cette règle des 6 derniers mois est structurellement favorable aux carrières ascendantes : une promotion obtenue en fin de parcours, si l'indice est détenu au moins six mois, se répercute intégralement sur la pension. Elle est en revanche pénalisante en cas de retour sur un poste moins bien indicé en fin de carrière.

Deux conditions d'ouverture s'ajoutent : avoir accompli au moins deux années de services civils ou militaires, et avoir atteint l'âge légal de sa catégorie.

Les primes exclues : l'angle mort du système

Le point qui détermine réellement le niveau de vie à la retraite n'est pas le taux de 75%, mais ce sur quoi il s'applique. Les primes et indemnités ne sont pas prises en compte dans la pension civile. Un agent dont les primes représentent 20% de la rémunération voit donc son taux de remplacement réel tomber bien en dessous de 75%.

Le RAFP, la retraite additionnelle de la fonction publique, a été créé pour corriger partiellement ce décalage. Ses paramètres, publiés par l'ERAFP :

Paramètre RAFP Règle 2026
Assiette Primes, indemnités, heures supplémentaires, avantages en nature, dans la limite de 20% du traitement indiciaire brut
Cotisation 10% au total : 5% à la charge de l'agent, 5% à la charge de l'employeur
Valeur d'acquisition du point 1,4596€ (revalorisation de 1,4% au 1er janvier 2026)
Valeur de service du point 0,05671€ par point et par an

Deux limites à garder en tête. D'abord le plafond de 20% : au-delà, les primes ne sont prises en compte nulle part, ni dans la pension civile, ni dans le RAFP. Ensuite l'ordre de grandeur de la rente : avec une cotisation totale d'environ 720€ par an, un agent acquiert de l'ordre de 490 points par an, ce qui, sur trente ans, produit une rente annuelle de quelques centaines d'euros. Le RAFP compense donc à la marge, pas en volume. La prestation est versée en rente, ou en capital lorsque le nombre de points reste sous le seuil fixé par le régime.

Les âges de départ : sédentaire, active, super-active

C'est la seconde grande spécificité de la fonction publique. Le classement de l'emploi, et non le statut de l'agent, détermine l'âge d'ouverture des droits.

Catégorie Emplois concernés Âge de départ Services requis dans la catégorie
Sédentaire Cas général 62 à 64 ans Sans objet
Active Emplois présentant un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles (soins, surveillance, contrôle) 57 à 59 ans 17 ans
Super-active Police nationale, administration pénitentiaire notamment 52 à 54 ans 27 ans

Comme dans le privé, le relèvement progressif des âges issu de la réforme de 2023 est suspendu pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 : l'âge légal des sédentaires est gelé à 62 ans et 9 mois jusqu'en janvier 2028, avec un gel parallèle de la durée d'assurance. Les règles applicables à votre génération sont détaillées dans notre article sur l'âge de départ à la retraite.

Bon à savoir : les droits liés à la catégorie active sont conservés dès lors que la durée de services exigée a été accomplie, même si la carrière s'achève sur un emploi sédentaire.

Décote et surcote dans la fonction publique

Les deux mécanismes existent, au même taux, mais avec une arithmétique légèrement différente du privé.

La décote réduit la pension de 1,25% par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres, comme le précise service-public.gouv.fr. Le nombre de trimestres retenus est le plus petit des deux écarts : trimestres séparant l'âge de départ de l'âge du taux plein automatique, ou trimestres manquants par rapport à la durée requise. Onze trimestres manquants coûtent ainsi 13,75% de pension, à vie. À l'âge du taux plein automatique (67 ans pour les sédentaires, abaissé pour les catégories actives), la décote disparaît quel que soit le nombre de trimestres.

La surcote majore la pension de 1,25% par trimestre civil entier travaillé au-delà de l'âge légal, à condition d'avoir déjà la durée d'assurance requise. Quatre trimestres supplémentaires donnent donc +5%. Elle n'est pas cumulable avec la surcote parentale sur une même période : le régime, les conditions et les arbitrages sont détaillés dans notre article sur la surcote retraite.

Exemple chiffré : Sylvie, attachée territoriale

Sylvie termine sa carrière avec un traitement indiciaire brut de 3 000€ par mois et 600€ de primes mensuelles, soit 3 600€ de rémunération brute. Elle part avec une carrière complète, sans décote ni surcote, après trente ans de cotisation au RAFP.

Poste Montant mensuel brut
Traitement indiciaire des 6 derniers mois 3 000€
Primes (exclues de la pension civile) 600€
Pension civile (75% x 3 000€) 2 250€
RAFP (ordre de grandeur, 30 ans de cotisation) Environ 70€
Total retraite Environ 2 320€

Le taux de remplacement s'établit donc autour de 64% de la rémunération brute, et non 75%. L'écart, environ 1 280€ par mois, correspond très largement aux primes non pensionnées. Le calcul du RAFP est un ordre de grandeur, hors coefficient de majoration lié à l'âge de liquidation et hors revalorisations futures du point : votre estimation personnalisée figure sur votre compte retraite.

Pour comparer avec la mécanique du privé, notamment si votre carrière est mixte, voir notre guide du calcul de la pension de retraite.

Pour chiffrer le complément de revenus à constituer et l'économie d'impôt qui le finance, utilisez notre simulateur retraite gratuit →

Combler l'écart : Préfon, PER et cumul emploi-retraite

Trois leviers principaux, à combiner selon l'horizon.

Le cumul emploi-retraite. Un fonctionnaire retraité peut reprendre une activité, selon les mêmes principes que dans le privé : cumul intégral sans plafond de revenus si le taux plein et l'âge légal sont acquis, cumul plafonné sinon, avec réduction de la pension en cas de dépassement. Un délai de carence de 6 mois s'impose pour retravailler chez son dernier employeur, et depuis le 1er septembre 2023 le cumul intégral ouvre une seconde pension, plafonnée. Les règles complètes figurent dans notre article sur le cumul emploi retraite.

Préfon-Retraite. Historiquement le régime facultatif de référence des agents publics, transformé en plan d'épargne retraite depuis la loi Pacte. Les versements sont déductibles du revenu imposable dans les limites du plafond épargne retraite, comme sur tout PER. Ses conditions tarifaires et de sortie méritent d'être comparées à celles d'un PER de marché.

Le PER individuel. Même cadre fiscal, mais un univers d'investissement et une grille de frais généralement plus larges. La déduction à l'entrée est d'autant plus utile que la tranche marginale d'imposition est élevée : sur ce point, voir notre article sur le plafond de déduction PER et la page PER. Le raisonnement est le même que pour un salarié du privé, avec une nuance de taille pour les agents fortement primés : leur besoin de complément est plus important, à salaire brut équivalent.

Enfin, un point souvent ignoré côté protection du conjoint : dans la fonction publique, la pension de réversion est de 50% et n'est pas soumise à condition de ressources, un régime différent de celui du privé, détaillé dans notre article sur la pension de réversion.

Ce qu'il faut retenir

Retenez trois chiffres : 75% du traitement indiciaire des 6 derniers mois, 20% de primes au maximum prises en compte par le RAFP, 1,25% par trimestre pour la décote comme pour la surcote. Le taux affiché est confortable, mais il s'applique à une base amputée des primes : plus votre part indemnitaire est forte, plus votre taux de remplacement réel s'éloigne des 75% théoriques. Vérifiez votre relevé sur votre compte retraite, situez précisément votre catégorie d'emploi, puis chiffrez le complément à constituer avec une simulation retraite.


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FAQ

Questions fréquentes

Trouvez rapidement les réponses à vos questions

La pension civile est égale au traitement indiciaire brut des 6 derniers mois d'activité, multiplié par 75% pour une carrière complète, puis proratisé par le rapport entre les trimestres liquidés et les trimestres requis pour votre génération. Les primes et indemnités sont exclues de ce calcul : elles relèvent du RAFP, un régime additionnel par points. Une décote ou une surcote de 1,25% par trimestre s'applique ensuite selon la date de départ.
Pas pour la pension civile, qui ne retient que le traitement indiciaire. Les primes, indemnités, heures supplémentaires et avantages en nature entrent uniquement dans l'assiette du RAFP, la retraite additionnelle de la fonction publique, et seulement dans la limite de 20% du traitement indiciaire brut. C'est pourquoi les agents fortement primés ont un taux de remplacement nettement plus faible que les autres.
Cela dépend de la catégorie de son emploi. Catégorie sédentaire : entre 62 et 64 ans, avec un gel à 62 ans et 9 mois pour les pensions prenant effet entre le 1er septembre 2026 et janvier 2028. Catégorie active (surveillance, soins, contrôle) : entre 57 et 59 ans, sous réserve de 17 ans de services actifs. Catégorie super-active (police, administration pénitentiaire notamment) : entre 52 et 54 ans, avec 27 ans de services dans ces emplois.
Le RAFP est le régime de retraite additionnelle obligatoire de la fonction publique, créé pour prendre en compte les primes. C'est un régime par points : la cotisation totale de 10% (5% pour l'agent, 5% pour l'employeur) porte sur les primes retenues dans la limite de 20% du traitement indiciaire brut. En 2026, il faut 1,4596€ pour acquérir un point et chaque point sert 0,05671€ de rente annuelle. La prestation est versée en rente, ou en capital lorsque le nombre de points est faible.
Oui, le cumul emploi-retraite est ouvert aux fonctionnaires selon les mêmes principes que dans le privé : cumul intégral sans limite de revenus si vous avez le taux plein et l'âge légal, cumul plafonné sinon, avec réduction de la pension en cas de dépassement. Un délai de carence de 6 mois s'applique pour reprendre chez son dernier employeur, et le cumul intégral ouvre depuis septembre 2023 une seconde pension, plafonnée.

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