Publié le 14 octobre 2026
Sommaire
L'arbitrage en assurance vie consiste à déplacer tout ou partie de l'épargne d'un support à un autre dans le même contrat, par exemple des unités de compte vers le fonds euros. L'argent ne sort pas, le contrat garde son antériorité et aucun impôt sur le revenu n'est dû. Seul coût possible : les frais d'arbitrage, de 0 € sur les contrats en ligne à 1 % du montant arbitré sur certains contrats de réseau.
Qu'est-ce qu'un arbitrage en assurance vie ?
Un contrat multisupport loge plusieurs poches : le fonds euros, dont le capital est garanti par l'assureur, les unités de compte, dont la valeur fluctue, et parfois un fonds eurocroissance. Arbitrer, c'est modifier cette répartition après coup. La fiche service-public.fr sur le fonctionnement de l'assurance vie (vérifiée le 25 septembre 2026) le formule simplement : au cours du contrat, vous pouvez réaliser des arbitrages qui modifient la rémunération du contrat en changeant la répartition de vos investissements.
Trois cas reviennent le plus souvent :
- Sécuriser : après une hausse des marchés, transférer une partie des gains des unités de compte vers le fonds euros.
- Dynamiser : faire passer une partie du fonds euros vers des unités de compte pour viser un rendement supérieur, avec un risque de perte en capital.
- Réorganiser : remplacer un fonds par un autre (frais trop élevés, gestionnaire changé), ou passer de la gestion libre à la gestion pilotée.
L'arbitrage se distingue du rachat, qui fait sortir de l'argent du contrat, et du transfert loi Pacte, qui change de contrat chez le même assureur.

Quels sont les frais d'arbitrage selon les contrats ?
Service-public.fr range les frais d'arbitrage parmi les quatre grandes familles de frais : ils sont prélevés sur les sommes transférées, de façon forfaitaire ou proportionnelle. Voici ce qu'indiquent les tableaux de frais officiels de neuf contrats, dont huit analysés dans nos avis, consultés le 14 octobre 2026.
| Contrat (assureur) | Frais d'arbitrage en gestion libre | Document officiel |
|---|---|---|
| Multisupport Afer (Abeille Vie) | Aucun frais | Notice, édition novembre 2024 |
| BoursoVie (Generali Vie) | 0 % | Tableau des frais Generali, exercice 2025 |
| Lucya Cardif (Cardif) | 0 % (0,10 % max d'opération sur ETF et actions) | Tableau des frais, juillet 2025 |
| Linxea Spirit 2 (Spirica) | 0 % en ligne sur les fonds classiques, 15 € papier (2 papier gratuits par an) ; frais d'opération de 0,60 % sur les actions et 0,10 % sur les ETF | Tableau des frais, 1er avril 2026 |
| L'Épargne Generali Platinium | 0 € en ligne, 0,60 % plafonné à 300 € par courrier | Tableau des frais Generali, exercice 2025 |
| Assurance vie Responsable et Solidaire (MAIF Vie) | 1 gratuit par an, puis 15 € | Tableau des frais au 2 juin 2026 |
| SwissLife Stratégic Premium | 1 gratuit par an, puis 0,20 % majoré de 30 € | Annexe des frais, avril 2025 |
| Carac Épargne Patrimoine | 12 gratuits par an, puis 1 % | Tableau des frais du 25 juillet 2025 |
| Millevie Essentielle 2 (BPCE Vie) | 0 % vers les UC, 1 % vers le fonds euros, aucun gratuit | Récapitulatif des frais, 4 septembre 2025 |
Le détail de chaque grille figure dans nos avis : Afer, Boursorama, Linxea Spirit 2, Generali, MAIF, Swiss Life, Carac et Caisse d'Épargne.
Ce que coûte concrètement un arbitrage de 20 000 €
Hypothèse : vous déplacez 20 000 € d'unités de compte vers le fonds euros, en gestion libre, après avoir déjà utilisé les arbitrages gratuits de l'année.
| Contrat | Calcul | Coût |
|---|---|---|
| BoursoVie, Lucya Cardif (fonds hors ETF et actions) | 0 % | 0 € |
| Generali Platinium, en ligne / par courrier | 0 € / 20 000 € x 0,60 % | 0 € / 120 € |
| SwissLife Stratégic Premium | 20 000 € x 0,20 % + 30 € | 70 € |
| Millevie Essentielle 2, Carac au-delà de 12 | 20 000 € x 1 % | 200 € |
Sur un contrat facturé 1 %, quatre arbitrages de ce montant dans l'année coûtent 800 €, l'équivalent d'une année de frais de gestion à 0,80 % sur 100 000 €. Les frais d'arbitrage pèsent donc surtout sur les épargnants qui ajustent souvent leur allocation : notre guide des frais d'assurance vie les replace parmi les autres postes.
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Un arbitrage en assurance vie est-il imposable ?
Pour l'impôt sur le revenu, non. L'article 125-0 A du CGI, tel que commenté au BOFiP (BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, publié le 30/06/2022), rend les produits d'une assurance vie imposables « au dénouement du contrat », l'assiette étant la différence entre les sommes remboursées et les primes versées, et la même logique s'applique aux rachats partiels. Un arbitrage ne rembourse rien à personne : il n'y a ni somme versée au souscripteur, ni impôt à calculer. Vous pouvez donc prendre vos bénéfices sur un fonds actions et les placer sur le fonds euros sans déclencher d'imposition, ce qui est impossible sur un compte-titres ordinaire où chaque vente avec plus-value est taxable.
Les prélèvements sociaux obéissent à un calendrier différent. Selon le même BOFiP, ceux des contrats en euros sont acquittés « lors de leur inscription au contrat », c'est-à-dire chaque année sur les intérêts crédités au fonds euros ; ceux des unités de compte sont prélevés au rachat ou au dénouement. Le taux applicable aux gains d'assurance vie est de 17,2 %, selon la fiche service-public.fr sur la fiscalité des gains (vérifiée le 15 avril 2026). Arbitrer n'ajoute pas de prélèvement : la plus-value réalisée sur une unité de compte arbitrée reste intégrée à la valeur du contrat et sera prise en compte lors du rachat.
Le délai de 8 ans n'est pas affecté non plus. L'antériorité fiscale dépend de la date d'effet du contrat, que service-public.fr appelle « prendre date » : un arbitrage n'ouvre pas de nouveau contrat. Le jour où vous rachèterez, l'abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) prévu pour les contrats de 8 ans ou plus s'appliquera normalement, comme expliqué dans notre article sur la fiscalité après 8 ans.
Peut-on arbitrer son assurance vie après 70 ans ?
Oui. L'âge de 70 ans ne change rien à la gestion du contrat : il ne compte que pour la transmission. Service-public.fr précise que l'imposition au décès « dépend de l'âge de l'assuré au moment du versement de la prime » : abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées jusqu'à 70 ans, abattement global de 30 500 € pour les primes versées après 70 ans, ce dernier ne portant que sur les primes, les gains étant exonérés.
Un arbitrage n'est pas un versement de prime : il déplace une épargne déjà versée. Une somme versée à 65 ans et arbitrée à 75 ans reste donc rattachée à la prime d'origine, versée avant 70 ans. C'est une raison de plus pour séparer les versements avant et après 70 ans sur deux contrats, comme le recommande notre guide assurance vie après 70 ans : chaque contrat peut ensuite être arbitré librement sans brouiller le suivi des deux régimes.
| Opération après 70 ans | Effet sur la fiscalité au décès |
|---|---|
| Arbitrage entre supports | Aucun : la règle dépend de la date de versement des primes |
| Nouveau versement | Relève de l'article 757 B (abattement global de 30 500 €) |
| Rachat partiel | Réduit le capital transmis, imposé selon la fiscalité des rachats |
Quelles options d'arbitrage automatique existent ?
La plupart des contrats multisupports proposent des options qui arbitrent à votre place selon des règles fixées à l'avance. La notice du Multisupport Afer (édition novembre 2024) en donne un exemple détaillé et chiffré :
- Investissement Progressif : un versement d'au moins 5 000 € est placé sur le fonds euros, puis arbitré deux fois par mois (le 5 et le 20) vers les unités de compte choisies, sur 12, 18 ou 24 quinzaines. Le but est de lisser le prix d'entrée sur les marchés.
- Arbitrages Programmés : même principe à partir d'une épargne déjà investie, 5 000 € minimum à arbitrer lors de la mise en place.
- Sécurisation des Performances : chaque mardi, l'assureur compare la valeur de chaque unité de compte à sa valeur de référence. Si la hausse dépasse le seuil choisi (5 %, 10 % ou 15 %) et représente au moins 150 €, le gain est arbitré vers le fonds euros.
- Dynamisation des Intérêts : chaque 25 janvier, 50 % ou 100 % des intérêts de l'année précédente du fonds euros sont arbitrés vers des unités de compte, à partir de 150 €.
Ces options s'excluent mutuellement chez Afer : en choisir une met fin à la précédente. Chez l'Afer, les options Sécurisation, Dynamisation et le Plan d'Arbitrages Programmés s'arrêtent en cas de nantissement ou de délégation de créance. Elles ne fonctionnent qu'en gestion libre, la gestion sous mandat confiant de toute façon les arbitrages au gestionnaire, sans frais d'arbitrage selon la même notice.
Arbitrer souvent : bonne ou mauvaise idée ?
L'absence d'impôt rend l'arbitrage tentant, mais trois limites subsistent. D'abord les frais, nuls sur un contrat en ligne mais réels ailleurs, comme le montre le tableau ci-dessus. Ensuite le délai d'exécution : un arbitrage est valorisé sur des dates de cotation fixées par le contrat, jamais en temps réel. Enfin, certains supports appliquent leurs propres règles : la grille de Linxea Spirit 2 prévoit une pénalité de 3 % sur les SCPI désinvesties par arbitrage ou rachat dans les 3 ans suivant l'investissement.
Pour un épargnant qui ne veut pas suivre les marchés, une option automatique ou une gestion pilotée évite de multiplier les décisions ponctuelles. Pour celui qui aime piloter, un contrat sans frais d'arbitrage en ligne est le prérequis : c'est l'un des critères de notre classement des meilleures assurances vie et de notre guide comment choisir son assurance vie. Rappel : les unités de compte ne garantissent pas le capital, leur valeur peut baisser comme monter.