Publié le 2 août 2026
Une pension alimentaire versée à un proche dans le besoin se déduit de votre revenu imposable : jusqu'à 6 855€ par an pour un enfant majeur détaché du foyer (13 710€ dans certains cas), sans plafond pour un enfant mineur dont vous n'avez pas la garde ou pour un ascendant. Si vous hébergez le proche, un forfait de 4 075€ est admis sans justificatifs. En face, la pension est imposable chez celui qui la reçoit.
Le principe : une charge déduite du revenu global
La déduction repose sur l'obligation alimentaire du Code civil entre parents et enfants, et entre gendres, belles-filles et beaux-parents. Trois conditions cumulatives, rappelées par service-public.gouv.fr : le bénéficiaire est dans le besoin, la pension est proportionnée à vos ressources, et vous pouvez prouver la réalité des versements (sauf forfait hébergement).
L'avantage fonctionne comme toute déduction : la pension réduit votre revenu imposable, donc l'économie vaut le montant déduit multiplié par votre tranche marginale d'imposition. Déduire 6 855€ en TMI 30% rapporte environ 2 057€ ; en TMI 41%, environ 2 811€.
Règle d'or pour un enfant majeur : déduction et rattachement ne se cumulent jamais. Si l'enfant reste rattaché à votre foyer, vous gardez la demi-part mais renoncez à toute déduction de pension. L'arbitrage chiffré entre les deux options fait l'objet de notre guide du rattachement d'un enfant majeur.
Enfant majeur : le plafond de 6 855€
Pour la déclaration 2026 des revenus 2025, les plafonds fixés par la loi de finances pour 2026 et publiés par service-public.gouv.fr sont les suivants :
| Situation de l'enfant majeur | Plafond de déduction 2026 |
|---|---|
| Célibataire, non hébergé | 6 855€ |
| Célibataire chargé de famille | 13 710€ |
| Marié ou pacsé, jeune ménage entretenu seul | 13 710€ |
| Hébergé chez vous toute l'année (forfait sans justificatifs) | 4 075€ + dépenses réelles justifiées, dans la limite de 6 855€ |
Ce qui compte comme pension : virements réguliers, loyer payé directement au bailleur de l'enfant, frais de scolarité, mutuelle, frais de santé. Conservez tous les justificatifs (relevés bancaires, factures, quittances) : l'administration peut les demander pendant 3 ans, et un versement en espèces sans trace écrite est très difficile à défendre. L'état de besoin de l'enfant s'apprécie aussi : un jeune diplômé bien rémunéré n'ouvre plus droit à déduction, même si vous continuez de l'aider.
Le forfait hébergement mérite un mot : si l'enfant vit sous votre toit toute l'année et ne dispose pas de ressources suffisantes, vous déduisez 4 075€ au titre du logement et de la nourriture sans produire la moindre facture. L'hébergement sur une partie de l'année seulement se proratise au nombre de mois. Les dépenses autres que le gîte et le couvert (études, santé) s'ajoutent pour leur montant réel justifié, le tout restant borné au plafond global.
Enfant mineur : déduction intégrale en cas de séparation
La pension versée pour un enfant mineur n'est déductible que si l'enfant n'est pas compté à votre charge : c'est le cas typique du parent divorcé ou séparé qui verse une pension à l'autre parent. La déduction est alors intégrale, sans plafond, qu'elle résulte d'un jugement, d'une convention de divorce ou d'un accord amiable, tant qu'elle reste proportionnée aux besoins de l'enfant et à vos ressources. Elle se déclare en case 6GU.
Cas particulier hérité de l'histoire fiscale : les pensions fixées par une décision de justice devenue définitive avant 2006 sont retenues pour 125% de leur montant. Elles ont leurs propres cases, 6GI et 6GJ pour les enfants majeurs, 6GP pour les autres.
Attention à la garde alternée : si vous partagez le quotient familial (0,25 part par parent pour chacun des deux premiers enfants), aucune pension n'est déductible pour ces enfants. C'est l'un ou l'autre : la part fiscale ou la déduction.
Dernier cas lié à la séparation : la pension alimentaire versée à un ex-conjoint (ou à un époux en instance de divorce, sur décision de justice) est elle aussi déductible sans plafond, en case 6GU, et imposable chez celui qui la reçoit. Ne pas la confondre avec la prestation compensatoire versée en capital sur une courte période, qui relève d'un régime distinct de réduction d'impôt et non d'une déduction du revenu.
Ascendants : sans plafond, mais sous conditions
La pension versée à un parent ou grand-parent dans le besoin est déductible sans plafond légal, pour son montant réel et justifié : virements, paiement direct d'une maison de retraite, dépenses de santé. Deux garde-fous : l'état de besoin du bénéficiaire (faibles pensions, pas de patrimoine mobilisable) et la proportionnalité à vos revenus, que l'administration apprécie au cas par cas.
Si vous hébergez l'ascendant sous votre toit, le même forfait logement et nourriture de 4 075€ s'applique sans justificatifs. Pour un parent de plus de 75 ans, la tolérance joue lorsque ses ressources ne dépassent pas le plafond de l'ASPA, soit 12 411,44€ pour une personne seule et 19 268,80€ pour un couple. Ces pensions se déclarent également en case 6GU.
Côté bénéficiaire : la pension est imposable
La symétrie est la règle : ce qui est déduit d'un côté est imposé de l'autre.
| Bénéficiaire | Ce qu'il déclare |
|---|---|
| Enfant majeur détaché | La pension reçue, dans la limite du plafond déduit (6 855€), en pension reçue avec abattement de 10% |
| Parent séparé recevant la pension d'un enfant mineur | La totalité de la pension reçue, avec abattement de 10% |
| Ascendant aidé | La pension reçue, avec abattement de 10% |
En pratique, un étudiant sans autre revenu qui reçoit 6 855€ déclare 6 170€ après abattement : très en dessous du seuil d'imposition du barème 2026 (11 600€ par part), il ne paie rien. La déduction chez les parents n'est donc presque jamais "reprise" par une imposition chez l'enfant. Le montant déclaré par le bénéficiaire doit correspondre exactement au montant déduit par le payeur : les écarts sont détectés automatiquement par recoupement.
Les cases de la déclaration en un coup d'oeil
| Case | Contenu |
|---|---|
| 6EL / 6EM | Pensions versées à des enfants majeurs (1er et 2e enfant) |
| 6GI / 6GJ | Pensions d'enfants majeurs sur décision de justice définitive avant 2006 (majorées de 25%) |
| 6GU | Autres pensions : enfants mineurs, ascendants, ex-conjoint |
| 6GP | Autres pensions sur décision de justice définitive avant 2006 |
Un oubli fréquent : déclarer la pension en réduction d'impôt ou l'inverse. La pension alimentaire est une charge déductible du revenu global, elle agit avant le barème, contrairement aux réductions et crédits qui s'imputent après, comme le détaille notre guide calculer son impôt.
Pensions, PER, dons : chaque levier a son rendement fiscal. Calculez vos économies d'impôt possibles avec notre simulateur gratuit →
Pension alimentaire et stratégie fiscale
La pension déduite est l'un des rares leviers non concernés par le plafonnement global des niches fiscales de 10 000€ : comme le PER, elle agit sur le revenu imposable et son efficacité croît avec la TMI. Pour les parents d'étudiants détachés, elle constitue souvent le premier poste d'optimisation, avant même les placements. Encore faut-il verser réellement les sommes et pouvoir le prouver : la déduction suit les flux, jamais les intentions.
Ce qu'il faut retenir
La pension alimentaire se déduit du revenu global : 6 855€ maximum par enfant majeur détaché en 2026 (13 710€ si le plafond est doublé), forfait de 4 075€ sans justificatifs en cas d'hébergement, déduction intégrale pour un enfant mineur non compté à charge et pour un ascendant dans le besoin. En face, le bénéficiaire déclare ce que vous déduisez. Et avant de remplir la case 6EL, vérifiez toujours que la déduction bat la demi-part du rattachement. Tous nos guides sont sur la page impôts.