Publié le 15 juillet 2026
Quel est le taux du PEL 2026, et le PEL comme le CEL sont-ils encore utiles ? Réponse courte : le PEL ouvert en 2026 sert 2,00% brut, soit environ 1,37% net de flat tax, moins que le Livret A (1,5% net) et avec l'argent bloqué ; le CEL à 1% brut est hors course. Mais les anciens PEL d'avant février 2015, rémunérés 2,5% brut garanti, restent au-dessus du Livret A en net : ceux-là se gardent. Détail des taux, de la fiscalité et des cas où l'épargne logement garde un sens.
PEL 2026 : 2% brut, mais 1,37% net une fois la flat tax passée
Le taux des nouveaux PEL est passé à 2,00% brut au 1er janvier 2026 (LégiFiscal), après 1,75% pour la génération 2025 et 2,25% pour celle de 2024. Ce taux est contractuel : il reste acquis pendant toute la vie du plan, jusqu'à 15 ans (Les Clés de la Banque).
Le problème est fiscal. Depuis 2018, les intérêts des PEL neufs subissent la flat tax dès la première année : 12,8% d'impôt sur le revenu et 18,6% de prélèvements sociaux, soit 31,4% au total en 2026. Le rendement net tombe à environ 1,37%, sous le Livret A à 1,5% net d'impôt. S'y ajoutent les contraintes propres au produit : versement initial de 225€, alimentation obligatoire de 540€ par an minimum, plafond de 61 200€, et surtout un blocage réel : tout retrait avant 4 ans entraîne la clôture du plan, et avant 2 ans les intérêts sont recalculés au taux du CEL, c'est-à-dire presque rien.
Le constat est donc simple : comme support d'épargne, un PEL ouvert en 2026 fait moins bien qu'un livret disponible à tout moment. Notre comparatif des rendements 2026 le situe face aux autres supports.
Anciens PEL : le trésor à ne pas clôturer par mégarde
Tout change avec la date d'ouverture, car le taux d'un PEL est figé à vie. Les plans ouverts entre 2003 et janvier 2015 servent 2,5% brut garanti (La finance pour tous), et les générations antérieures davantage encore.
Leur fiscalité est également plus douce. Pour un PEL ouvert avant 2018, les intérêts sont exonérés d'impôt sur le revenu pendant les 12 premières années (seuls les prélèvements sociaux s'appliquent) ; à partir de la 13e année, ils basculent au régime de droit commun, flat tax ou barème sur option. Concrètement, pour un PEL à 2,5% brut :
- moins de 12 ans : environ 2,04% net (prélèvements sociaux de 18,6% seuls) ;
- plus de 12 ans : environ 1,72% net de flat tax à 31,4%.
Dans les deux cas, c'est au-dessus du Livret A à 1,5%, avec un capital garanti et des intérêts qui continuent de courir jusqu'aux 15 ans du plan. La conclusion pratique : un vieux PEL à 2,5% se conserve, et surtout ne se vide jamais partiellement, puisque tout retrait vaut clôture définitive. Attention en revanche aux plans des générations 2016-2022, rémunérés 1% brut : ceux-là ne justifient aucune fidélité.
CEL 2026 : 1% brut, un produit en fin de course
Le CEL suit mécaniquement le Livret A : son taux vaut deux tiers du sien, arrondi au quart de point, soit 1% brut depuis le 1er février 2026 (economie.gouv.fr). Net de flat tax, il reste environ 0,69% pour un compte ouvert depuis 2018 (environ 0,81% net de prélèvements sociaux pour les CEL antérieurs, exonérés d'impôt sur le revenu). Plafond : 15 300€.
À moins de la moitié du Livret A, le CEL ne se défend plus que par deux souplesses : les retraits y sont libres (contrairement au PEL) et il ouvre un droit à prêt épargne logement à 2,50% dans la limite de 23 000€. Pour l'épargne de précaution, les livrets réglementés font strictement mieux, LEP à 2,5% net en tête pour les foyers éligibles ; et si vos livrets débordent, notre guide Livret A plafond atteint organise la suite.
Le vrai argument restant : le droit à prêt, une assurance-taux
L'épargne logement n'a jamais été conçue comme un placement mais comme un sas vers le crédit. Un PEL ouvert en 2026 fige un droit à prêt immobilier à 3,20%, jusqu'à 92 000€, mobilisable après 4 ans. C'est une option, au sens propre : elle ne vaut quelque chose que si les taux de crédit du marché dépassent nettement 3,20% au moment de votre projet. Si les taux restent en dessous, le droit à prêt ne sert à rien ; s'ils remontent fortement, il devient précieux.
Le raisonnement honnête est donc celui-ci : ouvrir un PEL en 2026 est un pari sur la remontée des taux, doublé d'un projet immobilier réel à moyen terme, par exemple pour un enfant (le PEL est ouvrable dès la naissance et les droits à prêt sont cessibles au sein de la famille sous conditions). Ce n'est pas une stratégie d'épargne : à ce jeu, il est dominé sur toute la ligne.
Pour savoir où votre épargne logement se situe dans votre allocation globale, et ce que rapporterait sa réaffectation : utilisez notre calculateur de dynamisation d'épargne gratuit →
Que faire de l'argent d'un PEL qui ne mérite plus sa place ?
Pour un PEL 2016-2022 à 1% brut ou un plan arrivé à ses 15 ans, la réaffectation suit la logique des horizons décrite dans où placer son argent en 2026. À moins de 2 ans, les supports de trésorerie de notre comparatif des placements court terme prennent le relais. De 2 à 8 ans, le fonds euros d'assurance-vie fait exactement le travail que le PEL prétendait faire, en mieux : capital garanti par l'assureur, 2,6% de moyenne 2025 et 3,5 à 3,75% pour les meilleurs contrats, disponibilité sans clôture ; la simulation assurance-vie chiffre l'écart sur vos montants. Au-delà de 8 ans, SCPI (4,91% de distribution moyenne 2025, non garantie) et supports dynamiques prennent la main, et la simulation de dynamisation d'épargne projette l'ensemble dans le temps.
Un repère chiffré pour trancher : 20 000€ laissés sur un PEL 2026 produisent environ 274€ nets par an (hypothèse : 2% brut, flat tax de 31,4%). Les mêmes 20 000€ sur un fonds euros à 3,5% produisent environ 570€ nets de prélèvements sociaux. L'écart, environ 296€ par an, se compose d'année en année.
Dernier point de calendrier, souvent découvert trop tard : un PEL a une durée de vie limitée. Les versements ne sont possibles que pendant 10 ans, puis le plan continue de produire des intérêts jusqu'à ses 15 ans ; au-delà, il est transformé d'office en livret bancaire classique, au taux librement fixé par la banque, généralement dérisoire et fiscalisé. Si votre plan approche de cette échéance, la décision de réaffectation ne se pose plus : elle s'impose, et mieux vaut la préparer que la subir au taux du livret maison.
Ce qu'il faut retenir
En 2026, l'épargne logement se juge plan par plan : PEL neuf à 2% brut (1,37% net), dominé par le Livret A et réservé au pari d'une remontée des taux de crédit ; CEL à 1% brut, hors course ; anciens PEL à 2,5% d'avant février 2015, à conserver précieusement (2,04% net avant 12 ans, 1,72% ensuite, toujours au-dessus du Livret A). Pour l'épargne qui doit réellement travailler, la réponse est ailleurs : notre page dynamisation d'épargne organise la montée en rendement, horizon par horizon.