Publié le 15 juillet 2026
Pourquoi un bilan patrimonial peut-il être gratuit ? Parce que la plupart des CGP sont rémunérés par les rétrocessions des produits souscrits après le bilan, et non par des honoraires. Le conseil n'est donc jamais vraiment gratuit : il est financé par les frais des solutions mises en place. Ce modèle est parfaitement légitime dès lors qu'il est annoncé clairement et que le bilan débouche sur un rapport écrit, argumenté et sans obligation d'achat.
Le modèle économique derrière la gratuité
Un professionnel qui passe plusieurs heures sur votre dossier doit bien être payé. Pour un bilan patrimonial, deux circuits existent :
- Les rétrocessions : les assureurs, sociétés de gestion et plateformes reversent au conseiller une partie des frais des contrats souscrits par son intermédiaire (frais d'entrée et fraction des frais de gestion annuels). Dans ce modèle, majoritaire en France, le bilan est offert : c'est un investissement commercial, rentabilisé uniquement si vous devenez client.
- Les honoraires : vous payez le conseil lui-même, 500 à 2 000€ pour un bilan standard en 2026 et davantage pour un dossier complexe, comme le recoupent gestiondepatrimoine.com et Avenue des Investisseurs. Le conseiller qui se dit « indépendant » au sens de la réglementation européenne ne peut alors percevoir aucune rétrocession.
Soyons transparents : chez Florish, comme chez la majorité des cabinets, l'audit est gratuit et la rémunération provient des partenaires dont les solutions sont souscrites. Ce modèle aligne un intérêt simple : si le bilan ne vous convainc pas, le conseiller a travaillé pour rien. Il crée aussi un biais possible vers la vente, et c'est précisément pour cela que la réglementation impose la transparence.
Depuis la directive MIF 2, le professionnel doit vous annoncer son mode de rémunération avant l'entrée en relation, dans un document écrit. Un conseiller qui esquive la question « comment êtes-vous payé ? » ne mérite pas votre dossier. Le détail des deux modèles et des statuts est développé dans notre guide complet de l'audit patrimonial.
Ce qu'un bilan gratuit sérieux doit contenir au minimum
La gratuité ne justifie aucune baisse d'exigence sur le contenu. Un bilan digne de ce nom comprend :
- Un inventaire actif-passif chiffré : tous vos actifs (immobilier, assurance-vie, PER, comptes-titres, liquidités, entreprise) et tous vos passifs (crédits, dettes fiscales), aboutissant à votre patrimoine net.
- Une analyse fiscale : votre tranche marginale d'imposition au barème 2026 (11% au-delà de 11 600€ par part, 30% au-delà de 29 579€, 41% au-delà de 84 577€, 45% au-delà de 181 917€), vos prélèvements sociaux, vos plafonds d'épargne retraite disponibles et les frottements évitables.
- Une projection successorale : ce que paieraient vos héritiers aujourd'hui, et les leviers disponibles (abattement de 100 000€ par parent et par enfant tous les 15 ans, assurance-vie avant 70 ans, démembrement). Notre article sur l'audit de succession détaille ces calculs.
- La confrontation à vos objectifs : retraite, protection du conjoint, études des enfants, transmission. Un bilan qui ne vous a pas demandé vos objectifs n'est pas un bilan.
- Des recommandations écrites et argumentées : plusieurs pistes hiérarchisées avec leurs gains chiffrés, leurs contraintes et leurs risques, pas un produit unique présenté comme évident.
Si l'un de ces cinq blocs manque, vous n'avez pas reçu un bilan patrimonial mais un rendez-vous commercial.
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Les red flags : quand le bilan gratuit est un prétexte de vente
Certains signaux doivent vous faire quitter la table, ou au minimum différer toute signature :
- Le produit avant le diagnostic : on vous parle d'une SCPI précise ou d'un programme immobilier défiscalisant dès les premières minutes, avant même d'avoir vu votre avis d'imposition. Un vrai bilan commence par vos chiffres, pas par une solution.
- Aucun document d'entrée en relation : statuts, immatriculation ORIAS et mode de rémunération doivent vous être remis par écrit. Leur absence est une anomalie réglementaire.
- Professionnel introuvable à l'ORIAS : le statut CIF se vérifie en deux minutes sur le registre unique orias.fr, et les obligations attachées (association agréée, assurance professionnelle) sont décrites par l'AMF. Pas d'immatriculation, pas de dossier.
- L'urgence artificielle : « l'offre expire vendredi », « il ne reste que trois lots ». La pression temporelle est le contraire du conseil patrimonial, qui engage des décisions à 10 ou 20 ans.
- Un rapport oral : sans écrit, pas de recommandations opposables ni de comparaison possible. Exigez un document.
- La promesse de rendement sans risque : tout placement performant comporte un risque de perte en capital ; un « 8% garanti » doit déclencher la fuite.
À l'inverse, un conseiller qui vous explique spontanément sa rémunération, vous présente plusieurs scénarios et vous laisse le temps de la réflexion coche les bonnes cases, qu'il soit gratuit ou en honoraires.
Comment préparer votre bilan : la liste des documents
Plus votre dossier est complet, plus le bilan est précis. Rassemblez :
| Domaine | Documents |
|---|---|
| Fiscalité | Deux derniers avis d'imposition, avis d'IFI le cas échéant |
| Placements | Relevés d'assurance-vie, PER, comptes-titres, PEA, livrets |
| Immobilier | Titres de propriété, taxes foncières, baux et loyers perçus |
| Crédits | Tableaux d'amortissement, assurances emprunteur |
| Famille | Contrat de mariage ou PACS, donations déjà consenties, testament éventuel |
| Prévoyance | Contrats de prévoyance, garanties du contrat de travail |
Ajoutez une note d'une page sur vos objectifs et leur horizon : c'est elle qui transforme une photographie comptable en stratégie. Si vous vous demandez si votre situation justifie ce travail, notre article sur les moments où consulter un CGP donne des repères concrets.
Gratuit ou payant : comment choisir ?
Le bon critère n'est pas le prix mais l'alignement avec votre besoin. Le bilan gratuit d'un CGP aux rétrocessions convient parfaitement si vous envisagez de toute façon de déléguer la mise en oeuvre (souscriptions, suivi) : vous bénéficiez du diagnostic sans débourser d'honoraires, et le conseiller est incité à un suivi durable puisque sa rémunération dépend des encours. Les honoraires se justifient surtout pour un besoin de conseil pur sans souscription (validation d'une stratégie existante, second avis, situation internationale complexe).
Dans tous les cas, la vérification ORIAS, l'exigence d'un écrit et la comparaison de deux professionnels restent vos meilleures protections.
Dernier repère utile : le suivi dans le temps. Un patrimoine se gère sur des années, au rythme des lois de finances et des événements familiaux. Le CGP rémunéré aux rétrocessions a intérêt à vous suivre durablement (sa rémunération dépend de vos encours), quand un bilan en honoraires ponctuel devra être refacturé à chaque mise à jour. Posez la question du suivi dès le premier rendez-vous : fréquence des points annuels, réactivité en cas de changement fiscal, et coût éventuel des actualisations.
Ce qu'il faut retenir
Un bilan patrimonial gratuit est le produit d'appel légitime d'un modèle économique assumé : le CGP se rémunère sur les solutions mises en place, pas sur le diagnostic. Exigez les cinq blocs d'un bilan sérieux (inventaire, fiscalité, succession, objectifs, recommandations écrites), fuyez les vendeurs de produit unique et les urgences artificielles, et vérifiez toujours l'immatriculation ORIAS. Bien mené, un bilan gratuit vaut celui d'un cabinet en honoraires. Pour comprendre toute la démarche, consultez notre page dédiée à l'audit patrimonial.